Les écrans chez l'enfant de moins de 3 ans
Téléphone, tablette, télévision, ordinateur… Les écrans sont partout et dès le plus jeune âge, les enfants y sont exposés, parfois même sans que l’on s’en rende compte.
Mais quel est l’impact réel des écrans sur le développement des enfants ? Comment les accompagner dans ce monde numérique et les préserver ?
Réponses dans cet article !
Sommaire :
- Les écrans chez l’enfant de 0 à 3 ans : Les recommandations officielles
- Les effets des écrans sur le développement du jeune enfant
- Les écrans « utiles » : Une question d’équilibre
- La crèche : Un environnement sans écran
- Conseils pratiques pour les parents
- Conclusion : Accompagner et limiter plutôt qu’interdire
Les écrans chez l’enfant de 0 à 3 ans
Les recommandations officielles
Les organismes de santé internationaux sont unanimes : moins les enfants sont exposés de manière précoce aux écrans, mieux ils se développent.
Avant 2 ans :
L’organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de proscrire les écrans chez l’enfant, à l’exception des appels vidéos avec la famille. Il est également recommandé de ne pas exposer les enfants de cet âge aux écrans de manière indirecte, comme une télévision allumée dans le fond de la pièce par exemple.
Entre 2 et 3 ans :
Au-delà de 2 ans, l’enfant ne devrait pas passer plus de 30 minutes ou une heure par jour devant un écran, selon les sources.
Les effets des écrans sur le développement du jeune enfant
1. Le développement cognitif
Avant trois ans, le cerveau est en plein développement. Les enfants apprennent à parler, à marcher, à raisonner, à explorer…
Une étude publiée en 2022 dans la revue scientifique Frontiers in Psychology indique que l’utilisation passive des écrans avant trois ans a un impact sur le développement cognitif. Selon cette étude, 2h par jour passées devant la télévision multiplient par quatre les risques de retard du développement du langage et de la richesse du vocabulaire.
Le Haut conseil de la santé publique a également travaillé sur le sujet et constate l’apparition de troubles de l’attention liés à l’exposition aux écrans.
Les répercussions peuvent également s’observer à moyen et long terme, puisqu’une défaillance de la mémoire à court terme et des difficultés d’apprentissage de la lecture et des mathématiques serait également observées.
2. Le développement social et émotionnel
Selon une autre étude menée par la société canadienne de pédiatrie, une grande exposition aux écrans chez les enfants en bas âge entraînerait aussi des troubles sociaux et émotionnels, provoquant un mauvais contrôle des émotions et des comportements. L’enfant risque alors de faire preuve d’agressivité et peut éprouver plus de difficultés à se calmer seul.
Une moins bonne estime de soi et des difficultés relationnels peuvent également apparaitrent. En cause : Le manque d’interactions sociales durant les 1 000 premiers jours.
Les tout-petits apprennent en effet à décoder les émotions en observant les visages, les gestes, les voix… Autant d’éléments absents à travers un écran.
3. Le sommeil et la santé physique
L’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) met avant tout en avant un risque d’obésité accru. La sédentarité liée à une surexposition aux écrans en est bien évidemment une des causes, mais pas seulement. En effet, des enfants qui font peu d’activité physique et qui passent beaucoup de temps à jouer à des jeux statiques ne sont pas aussi impactés. Des recherches sont encore en cours pour mieux comprendre ce phénomène.
Diverses études montrent également une augmentation potentielle des risques de problèmes de santé comme une diminution des performances cardio-vasculaires, des problèmes de posture, des maux de tête, du diabète ou encore la myopie.
L’exposition aux écrans, notamment le soir, perturbe la production de mélatonine et retarde l’endormissement, provoquant des troubles du sommeil.
Les écrans « utiles » : Une question d’équilibre
Bien sûr, il ne faut pas être trop extrême ! La société évolue et les écrans n’ont pas que des incovénients… À condition qu’ils soient rares, encadrés et interactifs et qu’ils ne remplassent pas les autres interactions et stimulations.
Selon certains experts, à partir de 2 ans, certaines émissions qualitatives pour enfant favoriseraient le développement du langage et les attitudes positives, comme le respect des différences. De même, certaines applications adaptées pourraient permettre d’aider certains apprentissages, car elles sont interactives et que l’enfant n’est pas passif devant l’écran, mais acteur. Il peut cliquer, dessiner, etc.
Les appels en visio ne sont évidemment pas à banir, ils permettent aussi l’interaction avec l’adulte et contribuent à construire les liens familiaux et sociaux !
La crèche : Un environnement sans écran
Au sein des crèches Oursons et Cie, nous avons toujours fait le choix de proposer un environnement sans le moindre écran aux enfants. D’ailleurs, depuis le 3 juillet 2025, le gouvernement a publié un arrêté interdisant tout écran au sein des structures d’accueil de jeunes enfants.
Selon notre projet pédagogique, nous privilégions :
- Le jeu libre
- Les interactions humaines
- Les activités de motricité et motricité fine
- Les activités manuelles et créatives
- La découverte sensorielle
Nos professionnelles de la petite enfance veillent à offrir un cadre riche et stimulant. Notre mission est d’accompagner les enfants dans la découverte du monde réel avant qu’ils puissent découvrir le monde virtuel !
Nos conseils pour accompagner son enfant vis à vis des écrans
Avant 2 ans :
- Evitez les écrans (même de manière indirecte), sauf pour les visios
- Proposez des activités simples : Jeux, comptines, lire des histoires, promenades, musique, motricité libre…
À partir de 2 ans :
- Choisissez des contenus calmes et éducatifs, adaptés à l’âge de l’enfant
- Regardez ensemble. Ce temps peut également être partagé, pour maintenir une interaction humaine et du lien social
- Eteignez les écrans de fond (télévision en arrière-plan)
- Créez des zones sans écran : À table, dans la chambre, etc.
- Limitez le temps d’écran quotidien
La formule des 4 pas :
La psychologue Sabine Duflo a mis au point la règle des « 4 pas », qui est un bon moyen de contrôler l’usage des écrans chez les enfants.
- Pas le matin : Pour être attentif et concentré tout au long de la journée.
- Pas pendant les repas : Pour favoriser les échanges
- Pas dans la chambre : Pour apprendre à l’enfant à être seul et développer son imaginaire.
- Pas avant de se coucher : Pour favoriser l’endormissement et un sommeil de qualité. Privilégiez plutôt la lecture d’une histoire ou l’écoute de comptines.
Conclusion : Accompagner et limiter plutôt qu’interdire
Les écrans font partie de notre quotidien, mais avant trois ans, le cerveau a besoin de concret, de mouvement et d’interactions humaines.
Plutôt qu’une interdiction rigide, l’enjeu est d’accompagner, d’expliquer et de proposer d’autres formes d’éveil.
En micro-crèche comme à la maison, chaque moment passé à parler, chanter, lire, jouer ou explorer contribue bien plus au développement de l’enfant qu’une image sur un écran !