Acquisition de la Propreté
Accompagner son enfantLa propreté est un sujet important pour beaucoup de parents, notamment à l’approche de l’entrée à l’école maternelle. Source d’appréhensions et de questionnements et se révélant comme un véritable contre la montre pour certains, l’acquisition de la propreté est pourtant souvent mal comprise.
Nous vous proposons dans cet article d’en apprendre plus sur ce phénomène naturel, ce qui vous permettra de savoir quand votre enfant sera prêt à devenir propre. Vous pourrez ainsi l’accompagner sereinement dans cette grande étape !
L’acquisition naturelle de la propreté
Devenir propre ne s’apprend pas. Il s’agit d’un processus naturel et spontané, qui s’acquiert petit à petit, au même titre que la marche ou le langage. La propreté correspond à la capacité de l’enfant à contrôler ses sphincters, les muscles qui permettent d’ouvrir et de fermer la vessie et l’anus. Cette acquisition dépend du développement psychomoteur de l’enfant et de l’évolution de son système neurologique.
En résumé, on n’apprend pas à un enfant à contrôler ses sphincters, c’est une acquisition physiologique qu’il va faire naturellement et à son rythme. Un réel contrôle des sphincters est acquis lorsque l’enfant est attentif à ses sensations internes, qu’il est capable de les analyser et de savoir quand il a besoin d’aller aux toilettes (et pas seulement quand l’adulte le lui dit).
Cette acquisition se fait naturellement entre deux ans et demi et trois ans pour la plupart des enfants.
Mon enfant est-il prêt à devenir propre ?
Les peurs de l’enfant liées à la propreté
Devenir propre signifie voir quelque chose sortir de son corps, perdre quelque chose qui nous appartient. Ce sentiment de perte peut s’avérer être une peur chez l’enfant. C’est pour cela que certains se retiennent, au risque de se constiper, qu’ils redemandent la couche ou ont peur de tirer la chasse d’eau.
Les jeux de transvasement peuvent aider l’enfant à surmonter cette peur. Il vide et remplit un contenant autant de fois qu’il le souhaite et peut prendre conscience que son corps est aussi un contenant qui reste entier même lorsqu’il se vide.
Pour certains enfants, garder sa couche peut également signifier rester petit et garder ce statut de bébé au yeux de ses parents. Il peut avoir peur que cela change et ne plus bénéficier d’autant d’attention.
Prenez le temps de lui expliquer que sa place ne changera pas et valorisez le fait qu’en grandissant, il acquiert de nouvelles compétences et responsabilités « de grand ».
Les signes que mon enfant est prêt à devenir propre
L’enfant doit être prêt dans son corps et dans sa tête. Plusieurs signaux peuvent le montrer :
- Il sait courir, grimper, s’accroupir, monter et descendre les escaliers en alternant les pieds, se déshabiller seul, etc.
- Il est capable d’exprimer ses besoins
- Il comprend des consignes simples comme « va chercher ton doudou »
- Il est capable de dire quand il a uriné ou fait une selle dans sa couche
- Il semble gêné par ses couches et elles restent sèches plusieurs heures
- Il manifeste de l‘intérêt, de la curiosité pour les toilettes ou le pot
Comment accompagner l’enfant dans l’acquisition de la propreté ?
Quand votre enfant vous montrera qu’il est prêt, il est important de l’accompagner dans cette nouvelle étape de son développement.
Voici quelques conseils pour vous guider.
Trouver le moment propice
La propreté est avant tout une décision de l’enfant. En accord avec lui, vous pouvez essayer de lui retirer sa couche. Assurez-vous qu’il s’agit d’une période calme et non stressante pour lui. Evitez par exemple de le faire au moment de grands changements dans ses habitudes, tels qu’un déménagement, une naissance ou une séparation.
Responsabilisez et valorisez votre enfant
Habillez votre enfant avec des vêtements pratiques qu’il pourra enlever facilement et de manière autonome. Evitez les salopettes ou les boutons trop durs à enlever.
Un enfant pris dans son jeu oublie facilement d’aller aux toilettes. Un « accident » est vite arrivé. Il est important de bien verbaliser à votre enfant que cela peut arriver et que ce n’est pas grave. Toutefois, si cela se reproduit trop souvent, il faut s’interroger sur la pertinence de continuer à enlever les couches. En effet, l’enfant n’est peut-être pas prêt et il risque de se sentir en échec et dévalorisé.
Un accompagnement progressif
Vous pouvez lui proposer le pot ou le réducteur de toilettes, mais n’insistez pas s’il refuse d’y aller. Cela pourrait engendrer des blocages. Laissez-lui le temps d’appréhender ce nouvel objet.
Vous pouvez commencer à lui proposer le pot à des moments clés : avant le repas, la sieste ou le bain par exemple. Le pot doit rester à une place précise (dans les toilettes ou la salle de bain) pour que l’enfant ait un repère.
Beaucoup de livres de la littérature enfantine traitent du sujet de la propreté. C’est un support ludique dans lequel l’enfant peut se reconnaitre.
Pour conclure
Au cours de l’acquisition de la propreté, l’enfant peut avoir des phases de régression dues à des changements, des angoisses ou encore s’il est malade. Ces phases sont normales mais il faudra en parler avec votre médecin si elles durent dans le temps.
Il est important de distinguer la propreté diurne et la propreté nocturne. Cette dernière peut prendre plus de temps, pas d’inquiétude.
Quoi qu’il arrive, faites confiance aux capacités de développement de votre enfant. Lui seul sait quand il est prêt !